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SOUZE - [Plaque à dorer pour l’Espagne ancienne et moderne]

Une importante plaque à dorer du maître graveur Auguste Souze


SOUZE (Auguste) - DUBOIS (Mme E.)
[Plaque à dorer pour le plat supérieur de la reliure de l’ouvrage l’Espagne ancienne et moderne par E. Dubois publié à Rouen chez Mégard en 1859] [joint] L’Espagne ancienne et moderne
S. l. n. d. [Paris, vers 1859] - Rouen, Mégard, 1859
209 x 124 x 6 mm, bronze, signature à l’avers : « A. SOUZE », inscription au revers : « 2-1/2 » - In-8° (263 x 178 mm), 416 pp. et [4] ff. de planches sous serpente de papier rose, percaline verte, dos lisse orné d’une plaque, encadrement à froid sur les plats avec une plaque différente au centre de chacun des plats, tranches mouchetées (reliure éditeur de l’époque)

Les premiers graveurs de plaques dont les noms nous soient parvenus furent Haarhaus et Lieberrhe qui exercèrent à Paris durant le second quart du XIXe siècle. Mais c’est Auguste Souze, ancien élève du renommé Tambon, dessinateur habile et graveur émérite, qui fut sans aucun doute le plus célèbre. Lesné nous dit : « la gravure des fers à dorer est un genre tout particulier, il tient plus de la gravure en bois que de celle en taille-douce. Peu de graveurs réussissent à graver ce genre [...] ». La gravure s’effectue au burin dans le bronze, on n’en voit parfaitement les traces ici au fond des tailles de cette plaque à gaufrer et donc à dorer (l’inverse étant impossible compte tenu de la profondeur insuffisante de la taille). Nous ne sommes pas en présence d’une simple plaque géométrique et symétrique (du type « cathédrale » par exemple), mais d’un long et complexe travail de composition artistique destiné ici, qui plus est, à orner un plat supérieur. Comme le chantait Lesné : « C’est en vain chaque jour qu’on vient les fatiguer / pour avoir de leurs fers, comme par préférence, / il faut leur demander cinq ou six mois d’avance » et selon E. Bosquet, « la composition du dessin et la gravure de la plaque constituaient la plus grosse dépense pour la reliure commerciale ». Cependant ces plaques alors nombreuses n’étaient que des outils que l’on faisait fondre quand elles étaient démodées. Il y a 30 ans, M. Ardant n’avait conservé de cette époque que quelques plaques et fers pour les livres religieux, la plupart signés Longien. Mame a été sinistré en 1940. Lenègre a changé de production dès la fin du XIXe siècle. Il n’y a qu’Engel qui conservait encore un fonds important qui fut dispersé et fondu en 1968 1. Ces plaques sont donc devenues fort rares de nos jours et d’une insigne rareté lorsqu’il s’agit de plaques d’un telle ancienneté et d’une telle qualité.

On ne connaît que très peu de reliures et cartonnages de la maison d’édition Mégard alors qu’elle fut à l’époque l’imprimerie « la plus importante de Rouen ». Nous connaissons 4 décors ornant cet ouvrage tiré à 3000 ex., dont 2 sur percaline incluant celui « de luxe » issu de cette plaque.

Auguste Souze, fut le plus fameux dessinateur et graveur de plaques à dorer et à gaufrer de sa génération. Il fut l’inventeur de la technique à plaques multiples amenant la polychromie au décor des cartonnages. Apprenti, ouvrier graveur puis contremaître chez Tambon, il installe son atelier vers 1855 à Paris s’établissant successivement rue Jean-de-Beauvais, 20 rue de l’École-de-Médecine de 1860 à 1867 puis 79 rue du Cherche-Midi (1891). Il Employait 25 ouvriers juste avant de cesser son activité en 1892 qui sera continuée brièvement par son fils, puis par son brillant neveu Guillaume dit Paul Souze, et enfin par les fils et le petit-fils de ce dernier dont l’activité s’éteindra en 1981.

Prix de vente : 11000 €
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