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CHATEAUBRIAND - Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes

Édition originale de toute rareté, exemplaire complet du marquis d’Haucourt, avec le titre en troisième état

CHATEAUBRIAND (François-René, vicomte de)
Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec La Révolution Françoise. Dédié à tous les partis. Vol. I. Premier [sic] [-Seconde] partie.  Contenant l’Histoire complette des Révolutions de la Grèce
Londres, J. DEBOFFE ; Hambourg, J. F. FAUCHET ; Paris, LE MIERE, 1797
In-8° ( 210 x 132 mm, hauteur des feuillets :  203 mm), VI pp. - [1] f. d’errata - 693 pp. - [1] f. pour le titre du second volume et 2 planches dépliantes pour les tableaux synoptiques, demi-veau brun glacé, dos à 4 nerfs orné (reliure postérieure époque Restauration)

Édition originale de toute rareté, exemplaire complet du marquis d’Haucourt, un de ceux destiné à la France flanqué du titre en troisième état

Ouvrage de l’exil, commencé à Londres dès 1793, poursuivi dans le Suffolk, et enfin imprimé chez Thomas Baylis en 1796, l’Essai fut un échec, ne rencontrant que peu de succès auprès de ses concitoyens.
Dans ses Mémoires d’outre-tombe, L’auteur le décrit comme un « livre de doute et de douleur » où il dénonce la « décadence de la religion chrétienne » qui s’est éloignée au fil du temps de son message originel d’égalité, de liberté, de compassion, et, tout en continuant à faire l’éloge du Christ de tendresse et de pitié, en rappelant qu’ « il faut une religion, ou la société périt », il conclut en se demandant « quelle religion [...] remplacera le christianisme ». L’Essai n’est ni plus ni moins qu’un miroir du cheminement intérieur poétique, moraliste, publiciste et politique de l’auteur. Or, Chateaubriand raconte qu’il apprit que son oeuvre avait blessé sa mère et assombri la fin de sa vie. Profondément peiné, il jeta « au feu avec horreur des exemplaires de l’Essai » et surtout, il décida « d’expier » ce premier ouvrage « par un ouvrage religieux ». Il se fit alors apologiste en composant le Génie du christianisme.

En 1963, Maurice Chalvet ne put recenser, en mains publiques et privées, que 25 exemplaires de cette importante édition (7 avec le titre en premier état ; 7 avec celui en deuxième état ; 11 avec le titre en troisième état portant le nom de l’auteur et la date en chiffre arabe). Cet exemplaire nous semble inconnu de Chalvet, à moins qu’il ne s’agisse du n°6 du 3ème état : « Exemplaire de la vente H[enri] P[iquet]. Paris, Porquet, 1884, n°74. Demi-reliure de veau brun (apparemment de l’époque). Nous n’avons pas retrouvé la trace de ce volume. »

Cet exemplaire porte l’ex-libris gravé d’Adrien-Joseph-Augustin-Amalric, Comte de Mailly, Marquis d’Haucourt et de Nesle, Prince d’Orange et de L’Isle-Montréal, pair de France (1817), chevalier de Saint-Louis (1792 - 1878).

Fils d’Augustin-Joseph, Marquis d’Haucourt, Comte De Mailly, Maréchal de France (1708 - guillotiné, 1794) et demi-frère de Louis-Marie, Comte De Mailly d’Haucourt, duc de Mailly, Gouverneur d’Abbeville, Député de la Noblesse (1744 - 1795). En 1793, Louis-Marie avait épousé en seconde noce Marie-Anne de Mailly-Rubempré, marquise de Coislin (1732 - 1817), celle-la même qui eut l’honneur en 1805 de recevoir Chateaubriand à qui elle loua pour deux années l’attique de son hôtel. Elle ne tarda pas à devenir l’amie et la confidente de Mme de Chateaubriand.

L’exemplaire présente de surcroît la signature « Mailly » au titre de chacun des deux volumes ainsi que plusieurs corrections de coquilles (pp. 60, 419, 475, 481, 485, 486, 492) et marginalias manuscrites (pp. 114, 115, 119, 133, 145, 163, 165, 197, 231, 238).  

Ces dernières sont probablement de trois mains :

  • la première (pp. 114, 119, 133, 145, 163, 238) correspondrait vraisemblablement à celle du signataire de la page de titre, qui serait donc vraisemblablement le marquis d’Haucourt. Il ne peut s’agir ni de son père ni de son frère tout deux décédés à l’époque de la publication. La première de ces notes est intéressante en ce qu’elle permet de les dater après 1811 (édition publique), ou du moins après 1808 (édition privée), dates de la parution de l’Iconographie grecque de Visconti, page 114 : « Mr Visconti [v]ient de vanger [l]a mémoire de Sapho dans un [ar]ticle de son D. [ic]onolog. où il prouve [qu]e les anciens ont [co]nfondu Sapho [de] Mytilène avec [un]e courtisane du [m]ême nom née à [T]heosi » ; Les notes suivantes ne sont pas celles d’un féroce opposant de l’auteur mais sont tout de même, pour certaines, d’une teneur négative et pointent vraisemblablement la « jeunesse » de l’auteur à l’image de celle de la page 119, à propos de la note de bas de page : « cette note est d’une érudition puérile et fausse. l’auteur l’a puisée dans Langlet duf. [resnoy] tous ces personnages vivaient pêle mêle au 6eme siècle av. l’ère chrétienne ; on ne sait aucunement à quelle époque précise. ». La note de la page 133, à propos du 5ème couplet de la Marseillaise éludé par Chateaubriand, peut faire penser que l’auteur était un brin anti-révolutionnaire : « pourquoi omettre ici le couplet contre les émigré[s  le] plus poétique et le mieux de cette chanson barba[re] »,
  • la deuxième (pp. 114-115, 197, 231), postérieure et inconnue, répond notamment à la note de la page 114 : « cela prouve seulement qu’il y a eu deux Sapho [...] ». Suit un passage sur l’avilissement des hommes pendant l’antiquité, laissaient libres aux icônes païennes qui se termine par « [...] l’essence de l’homme est l’amour, il faut donc pour le bonheur commun qu’il croie à un [dieu] qui le juge et qui lui commande à sacrifier le motif en s[on nom] toujours le même car il n’agit que par la crainte des tourmens et des récompenses [...] »,
  • la troisième, somme toute révolutionnaire, page 163 : « les Russes ne la connaissent pas [&] sont esclaves ».

Quelques salissures aux titres (et frottements à celui du 2d vol.), restaurations marginales au titre du 1er vol. et aux pp. 391 - 395, petits manques marginaux aux pp. 111, 396 - 402, inversions de pages au 2d vol. (608 - 611 - 612 - 609 - 610 - 615 - 616 - 613 - 614), second tableau relié entre les pp. 520 - 521 au lieu des pages 512 - 513. Les annotations portées sur l’exemplaire encore broché ont fait incompréhensiblement les frais du couteau du relieur alors qu’il avait pris soin de remplier les pages 114, 115 et 119 afin de les conserver -  Marcel Duchemin, Bulletin du Bibliophile, 1923, n° 574 - Maurice Chalvet, « Les exemplaires connus de l’édition princeps de l’Essai » in Le livre et l’estampe, 1963, n° 36, pp. 309-321  - Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie, BnF, 1998, n° 200.

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