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Missale Romanum

Une reliure parisienne au tournant du XVIe siècle sur un curieux missel à l’illustration « changeante »


ÉGLISE TRIDENTINE
Missale Romanum, ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum. Pii 5. Pont. Max. iussu editum. Cum kalendario gregoriano, additis aliquot Sanctorum officiis, ex praecepto Sixti PP. 5. & Clementis 8. Pont. Max
Paris, apud Societatem Typographicam Librorum Officii Ecclesiastici (fondée par feu Jacques Kerver, et à l’époque, Nivelle, Chaudière, de la Nouë, Sonnius), 1600
In-f° (379 x 264 mm) de [15] ff. - [1] f. bl. - [22] ff. - 228 - 42 ff. der. v. bl. (ã6 ẽ6 ĩ4 õ6 ũ6 ãã6 ẽẽ4 A-Z6 AA-YY6), maroquin olive, dos lisse muet orné d’un encadrement double d’un double filet dont celui interne porte en écoinçons un fleuron pointant vers l’extérieur, d’un même encadrement sur les plats auquel s’ajoute un large fer composé d’une tête de chérubin et de feuillages apposé à l’intérieur de l’encadrement interne ainsi qu’une plaque au centre, à la crucifixion au plat supérieur et à l’annonciation au plat inférieur, tranches dorées (reliure de l’époque)

Cette spectaculaire reliure in-folio en maroquin, d’une excellente conservation, évoque les meilleurs ateliers parisiens de l’époque et notamment celui des Eve, père et fils relieurs respectifs des roi Henri III et Henri IV. Elle présente un décor rare qui marie à la fois, un décor classique d’encadrements apparu au milieu du XVIe qui sera popularisé au XVIIe siècle connu sous le nom de décor « à la Duseuil », un décor de feuillage en usage à partir du milieu de la seconde moitié du XVIe siècle ainsi qu’un décor à la plaque, ici à la fois dans ces deux et uniques types, crucifixion et annonciation, issu des reliures de pénitents d’Henri III apparues au milieu des années 1580. Malgré nos recherches, nous n’avons pu trouver d’autre exemplaire combinant ces 3 décors. Le fer au feuillage apparaît sur un reliure parisienne au semé de 1581 décrite par Hobson 1 et nous avons rencontré deux autres reliures présentant à la fois un décor de feuillage en écoinçons et les présents médaillons au Catalogue Breslauer de 1981 sur un missel de 1588 du même type et des mêmes éditeurs ainsi qu’à la British library 2.

Elle renferme un rare missel en latin de la Contre-Réforme imprimé en rouge et noir avec musique notée agrémenté de 366 initiales historiées de formats divers, parfois répétées, gravées sur bois. Le présent exemplaire diffère dans sa composition des deux seuls autres exemplaires que nous avons pu localiser 3. Alors que le texte nous semble unique, en lieu et place du titre-gravé sur cuivre aux emblèmes d’Henri IV et des 7 hors-texte gravés sur cuivre dont un signé Léonard Gaultier daté de 1596 et un second signé « G. H. F. », on trouve ici, un titre typographique imprimé en rouge et noir orné d’une vignette représentant St Pierre & St Paul, un montage de deux bois composé d’une annonciation (102 x 75 mm) au sein d’un encadrement historié (223 x 156) et 6 superbes bois, à pleine page (279 x 190), présentant les mêmes sujets notamment pour trois d’entre eux d’une façon troublante qui ne laisse pas de place au doute quant au fait qu’ils furent exécutés d’après le même dessin : Adoration des mages, Crucifixion, Résurrection, Pentecôte, Cène et Jugement dernier. On notera aussi aux ff. 70, 73, 74, 78, la présence de 3 vignettes sur bois dont « Saint Longin perçant le flanc du Christ de sa lance » (42 x 71) signée « CS » et répétée 3 fois, la Cène (44 x 69), non signée ainsi qu’une Crucifixion (44 x 32) dont les traits nous semblent archaïques. La Cène et une des répétitions de Saint Longin laissent place à des vides dans l’autre exemplaire en main publique consulté.  

La description de l’exemplaire de Breslauer nous permet de croire que les présents bois sont hérités de l’édition de 1588. Il pourrait donc s’agir ici d’une exemplaire de présentation avant réception des cuivres, d’une commande expresse du client ou, moins probablement, d’un écoulement des bois restants. La 1ère édition de ce missel semblerait avoir été publiée en 1571 par Jacques Kerver.

PROVENANCE : on trouve sur une des premières gardes un feuillet (176 mm) découpé à la manière d’un canivet figurant des armoiries non identifiées (au lion rampant, au chef à trois roses).

Aucune restauration à la reliure, quelques rousseurs.

Manque à la BnF, aucun ex. au CCFR.

Vendu
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