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[PROTESTANTISME] COLLECTIF / BÈZE - Epistolarum obscurorum virorum

L’EXEMPLAIRE D’HENRY DRURY EN MAROQUIN DE L’ÉPOQUE

[PROTESTANTISME] COLLECTIF / BÈZE (Théodore de)
Epistolarum obscurorum virorum. ad Dm. M. Ortuinum Gratium. Volumina II. Ex Tam Multis Libris Conglutinata, Quod Unus Pinguis Cocus Per Decem Annos (...) Accesserunt huic Editioni, Epistola Magistri Benedicti Passavanti ad D. Petrum Lysetum. Et La Complainte de Messire Pierre Lyset sur le Trespas de son Feunez.
Londres : Clements, 1710.
In-12° (149 x 88 mm) de [4] ff. - 362 pp - [1] f. verso bl., maroquin rouge, dos lisse orné, triple filet doré en encadrement sur les plats avec fleurette en écoinçons, filet sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. (Reliure vers 1750, une fiche ancienne ainsi que plusieurs notes l’attribuant à Derome).

Cette célèbre collection de lettres latines satiriques apparues en 1515-1519 à Hagenau en Allemagne soutient l’humaniste allemand Johann Reuchlin, se moquant des doctrines et des modes de vie des scolastiques et des moines, principalement en prétendant être des lettres de théologiens chrétiens fanatiques discutant du fait de savoir si tous les livres juifs devraient être brûlés comme non-chrétiens. L’ouvrage se base sur la dispute publique réelle entre l’humaniste allemand Johann Reuchlin et certains moines dominicains, en particulier l’ancien juif converti Johannes Pfefferkorn qui avait obtenu de l’empereur romain Maximilien Ier l’autorisation de brûler tous les exemplaires connus du Talmud en 1509. Le titre fait référence au livre Epistolae clarorum virorum de Reuchlin, publié en 1514, qui contenait une collection de lettres à Reuchlin sur des questions savantes et intellectuelles d’éminents humanistes allemands comme Ulrich von Hutten, Johann Crotus, Konrad Mutian, Helius Eobanus Hessus et autres, pour montrer que sa position dans cette controverse avec les moines était acceptée par les savants. Le terme moderne d’obscurantisme dérive du titre de cet ouvrage. Comme les théologiens du livre avaient l’intention de brûler les œuvres « non-chrétiennes », les philosophes des Lumières utilisèrent le terme pour désigner les ennemis conservateurs, en particulier les ennemis religieux des Lumières progressistes et leur concept de la diffusion libérale de la connaissance.
Cette édition les fait suivre de deux pièces satiriques attaquant Pierre Lizet, premier président au Parlement de Paris, à l’origine de la Chambre ardente contre les protestants, toutes deux attribuées à Théodore de Bèze parues respectivement en 1553 et 1584 bien que celle-ci fut probablement écrite à la même époque que la première. Le Passavant, lettre fictive en latin d’un serviteur, Benoît Passavant, à son maître Pierre Lizet, envoyé en espion à Genève pour voir comment ses livres y sont reçus prétextant être là pour s’informer de l’opinion de Calvin qui failli involontairement être entraîné par les critiques convaincantes des protestants. Bèze en profite pour dessiner avec une main de maître le portrait caricatural de Lizet dont le nez est tuméfié et rouge par suite de l’ivresse et de la maladie vénérienne. Et la burlesque Complainte de Messire Lizet, en vers français heptasyllabiques, éloge sérieux d’une chose dérisoire, à savoir le nez, victime de la syphilis, de Pierre Lizet.

PROVENANCE :

  1. De la fameuse collection d’Henry Joseph Thomas « Harry » Drury (1778-1841) avec la note autographe « Coll. per. H. Drury /. Harroviae. 1818. [...] » en 1ère garde blanche. Éducateur anglais, érudit, professeur à Harrow pendant 41 ans, de 1801 à 1841, où il a été le tuteur de Lord Byron, dont il est ensuite devenu un ami proche et correspondant. Catalogue Drury, n°1322. Ex. cité par Lowndes. 1
  2. « MYERS & CO., 59A High Holborn, LONDON, W. C. RARE BOOKS-FINE  PRINTS. », étiquette au bas du contreplat supérieur.

Petit manque à la pointe du mors supérieur.

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Prix de vente : 600 €
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